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Spectacles vus par les élèves.
Depuis la rentrée de septembre 2008, les étapes du Parcours de spectateurs des participants à l’atelier :
- Medea d’Euripide, mise en scène Klaus Weise, MC93, 8 octobre 2008.
- Vania Histoire de la révolte d’après Tchekhov, mise en scène Denis Moreau, Théâtre du Fil de l’eau, Pantin, 20 octobre 2008. Rencontre avec Denis Moreau le 3 décembre 2008 de 16h à 17h.
- La Trilogie Le Grand cahier d’Agota Kristof, adaptation et mise en scène Paula Giusti, Théâtre du Soleil, 25 octobre 2008. Rencontre avec la metteur en scène Paula Giusti et la comédienne Nathalie Franenberg le mercredi 4 février de 16h à 17h.
La Trilogie d’Agota Kristof nous raconte l’histoire de deux jumeaux traversant la violence de la Seconde Guerre mondiale. L’action se déroule à la frontière... La mise en scène était particulièrement intéressante. Le lien entre deux frères jumeaux est extrêmement fort, surtout lorsqu’ils subissent les mêmes épreuves ensemble. Ils ont alors la même histoire, et l’un ne compte que sur l’autre. De telle manière que nous avons parfois l’impression d’avoir affaire à la même personne. Sur scène, les mouvements et les paroles des deux jumeaux étaient commandés par un autre comédien, le marionnettiste. Comme si ces deux personnages n’en faisaient en réalité qu’un. Ils fonctionnent toujours en miroir : ils réagissent, pensent et souffrent pareil. On ne nomme jamais les jumeaux individuellement, d’ailleurs leurs prénoms ne sont pas révélés. Les autres comédiens s’adressent à eux comme s’il ne s’agissait que d’une seule personne. Ils disent “tu” en s’adressant à l’un des deux frères mais de telle manière que cela s’applique toujours à tous les deux. Les deux jumeaux se réunissent dans le personnage du marionnettiste. Inversement, pour les autres personnages, ils se divisent en deux : deux mères, deux grand-mères, deux soldats allemands, deux servantes... Comme si les personnages individuels sont plus doubles que les deux jumeaux... ou bien alors, comme si ces deux jumeaux vivent plus en symbiose qu’une seule et même personne... ? J’ai songé aussi que le fait de doubler les autres pourrait être une manière de donner à voir la perception propre de chaque jumeau. En effet, nous sommes spectateurs de l’histoire de ces deux frères à travers leurs paroles et ce qu’ils nous montrent. Nous voyons donc tout en double, à travers les yeux de deux jumeaux. En l’occurrence, certains personnages ne sont pas doubles. Une manière de dire que les frères ont la même appréhension envers telle personnage. Il y avait notamment le haut officier allemand, qui semblait avoir pris le rôle d’un père spirituel pour eux. Il y a aussi la même haine envers leur véritable père qui s’est enfui en les abandonnant. Leur seule amie, Bec de Lièvre, morte violée. Le metteur en scène, Paula Giusti et la comédienne interprétant Bec de Lièvre sont venues au lycée. Paula Giustu nous a exposé sa pensée. Dans chaque personne, il y a toujours des forces antagonistes. “Rien n’est tout blanc ou tout noir.” Tous ces singuliers personnages doubles attestent de cette idée. Et parfois, nous nous reconnaissons mieux en une autre personne qu’en nous mêmes... Elle a également ajouté qu’il était difficile de trouver une certaine harmonie corporelle entre les personages doubles. Il ne fallait pas qu’il y ait de décalage flagrant. La grand-mère devait être la même grand-mère que l’autre. Et pour se faire, il était inutile d’imposer une chorégraphie très précise, très lourde à regarder. Il fallait simplement que les comédiens ”se sentent”, s’entendent entre eux. Augustin Lu Huang, TS1
- Les Règles du savoir-vivre dans la société moderne de Jean-Luc Lagarce, mise en scène François Thomas, Ecole Normale Supérieure, 21 novembre 2008. Rencontre avec François Thomas et le comédien Martin Juvanon du Vachat le 10 décembre 2008 de 16h à 17h.
C’est à l’Ecole Normale Supérieure qu’a eu lieu la représentation de la pièce de théâtre de Jean-Luc Lagarce mise en scène par François Thomas, Les règles du savoir-vivre dans la société moderne. Dans un décor épuré où l’on remarque juste une chaise et une colonne supportant un vase fleuri, nous sommes accueillis par l’acteur déjà en place, assis sur sa chaise. Cela me donne l’impression de rentrer en cours. L’acteur, vêtu comme une femme, sourit aux spectateurs au fur et à mesure qu’ils s’installent : cet accueil plutôt original permet de supprimer l’illusion théâtrale. D’ailleurs, l’acteur s’interrompt dès qu’un spectateur retardateur arrive. Tandis que tout le monde s’installe, le piano joue un air d’ascenseur, comme une rengaine qui continue tandis que l’acteur démarre ses « leçons ». Il va visiter le comportement de chacun à chaque étape de sa vie sociale et familiale dans la société moderne. Ainsi, il débute par la naissance et les rituels associés, comme le baptême et le choix des parrains et marraines, et termine par la veillée mortuaire. La transition entre chaque étape est rythmée par la musique d’ascenseur et marquée par la diminution progressive des lumières. Cette pièce nous expose l’image d’une société française catholique à la fin du XIXème siècle lors de grandes cérémonies. A chaque étape de la vie, les garçons et les filles n’appartenant pas à la même famille étaient séparés, et l’acteur, lorsqu’il évoque ce sujet, prend un air pincé qui déclenche un rire agréable. Cependant, ce n’est pas le seul aspect plaisant de cette pièce : certaines citations, se référant toutes à Victor Hugo, nous font également rire, un rire qui, me semble-t-il, nous permet d’autant plus d’apprécier cette pièce, mise en scène avec humour. Younès, Seconde 7
- Mesure pour mesure de Shakespeare, mise en scène Jean-Yves Ruf, MC93 Bobigny, 28 novembre 2008.
- Le corps furieux de Jean-Michel Rabeux, MC93 Bobigny, 9 janvier 2009. Rencontre avec Jean-Michel Rabeux le 21 janvier de 16h à 17h.
Vendredi 9 janvier, sept élèves de l’atelier théâtre, accompagnés de notre professeur Mme Vlavianou, nous avons assisté à une représentation du Corps furieux de Jean-Michel Rabeux à la MC93. La mise en scène était particulièrement originale et surprenante. En effet, dès le début de la pièce, le public découvre les corps nus de sept acteurs, presque empilés les uns sur les autres. Cela peut paraître choquant, « heurter les bonnes moeurs » pour certains ; pour ma part, j’ai beaucoup aimé cette scène car d’entrée de jeu, on est projeté dans le vif du sujet, c’est-à-dire les conditions sociales dans lesquelles vivent les SDF (les sept personnages pourraient être des SDF). Un mode de vie très dur à supporter quotidiennement, que ce soit physiquement ou moralement. En faisant le choix de représenter la nudité sur scène, le metteur en scène montre la souffrance de ces gens qui ont tout perdu, parfois même leur identité ; par conséquent, ils se sentent toujours nus, il n’ont plus rien, ils ne sont plus rien... Je me souviens de cette actrice qui passait la plupart de son temps sur scène à chanter des chansons d’amour, des chansons qui lui rappelaient son enfance, mais aussi des chansons qui parlent de solitude. Quand on a tout perdu et que l’on se retrouve seul, avec pour uniques compagnons des personnes se trouvant dans la même détresse, on occupe son temps comme on peut, on essaie d’égayer ses jours par tout ce qu’on a... Je me souviens de cette autre actrice qui aimait jouer avec son corps et dont la souplesse m’a laissée sans voix. Elle a su faire passer de l’émotion rien qu’à travers son corps, un corps dompté d’une façon si artistique que l’on aimerait pouvoir en faire autant ! En un mot, j’ai beaucoup aimé cette pièce, mêlant comique et pathétique. Les acteurs sont entrés dans la peau de leurs personnages et ont su faire passer l’émotion des corps et la stupéfaction des gestes. L’espace de deux heures, le public s’est trouvé confronté à la réalité de la rue, une réalité souvent choquante et violente mais réelle sur scène. Sanaa Chouanine, T L
- Trilogia della Villeggiatura de Carlo Goldoni, mise en scène Toni Servillo, MC93 Bobigny, 16 janvier 2009. Rencontre en amont avec le Piccolo Teatro di Milano le 22 novembre 2008 de 14h à 15h.
- Etat de Marche, texte et jeu Laurence Vielle, danse et image Jean-Michel Agius, Espace culturel André Malraux, Le Kremlin Bicêtre, 17 janvier 2009.
Un danseur pied nu accroché à un fil comme si ses jambes ne le portaient plus, une comédienne assise, réellement enceinte, qui tape sur l’ordinateur, une jeune femme avec un pantalon rouge vif jouant du violon, à la batterie un homme qui semble possédé, des images vidéo de pieds projetées sur le mur, avec en prime des anecdotes incohérentes écrites en direct par la comédienne sur son ordinateur et projetées sur grand écran... Une chose que j’aime dans le théâtre, c’est que tout n’a pas forcément un sens immédiat. C’est à nous de l’interpréter comme et quand on le pourra. J’ai trouvé cette pièce magnifique par son histoire, et non par l’histoire de la pièce qui n’existait pas. Jean-Michel Agius vit à Paris. Laurence Vielle vit à Bruxelles. Ils décident de faire ensemble à pieds le trajet en se filmant ici et là. Etat de marche : il a filmé, elle a écrit, il danse, elle parle. Autrement dit, ces deux personnalités se complètent parfaitement ; ce n’est pas pour rien qu’ils sont en couple. Une pièce qui est un peu comme leur enfant, né de leur union artistique et sentimentale quelques jours après la représentation. Comment penser qu’une simple partie du corps, et qui n’a pas vraiment une bonne image, puisse être au coeur même d’une pièce !? Pendant toute la représentation, des images de pieds, de leurs pieds, instantanées ou enregistrées, étaient projetées sur les murs. Si on m’avait raconté cela, « une pièce sur les pieds », j’aurais surement trouvé cela ridicule. Mais assis dans le public, je ne pouvais qu’admirer le spectacle qui s’offrait à moi. Augustin Lu Huang, TS1
- La nuit de l’iguane de Tennessee Williams, mise en scène Georges Lavaudant, MC93 Bobigny, 13 mars 2009.
- Je meurs comme un pays de Dimitri Dimitriadis, mise en scène Anne Dimitriadis, MC93 Bobigny, 21 mars 2009.
- Le mariage secret, opéra de Domenico Cimarosa, mise en scène Marc Paquien, MC93 Bobigny, 30 avril 2009.
Le mariage secret est un opéra en deux actes de Domenico Cimarosa, compositeur italien du XVIIIème siècle, mis en scène par Marc Paquien à la MC 93 de Bobigny. L’opéra, en italien surtitré, raconte l’histoire de Paolino, secrétaire de Geronimo, marié secrètement à Carolina, la fille de ce dernier. Geronimo prépare le mariage de sa fille aînée, Elisetta, avec le comte Robinson, un seigneur anglais. Cependant, lors de la rencontre entre la famille de Geronimo et le comte Robinson, ce dernier tombe amoureux de Carolina, et demande à Paolino d’en parler à Geronimo. Ainsi les tourments de Paolino et de Carolina commencent, provoquant catastrophe sur catastrophe... Malgré ce que l’on peut croire à la lecture de la fiction, cet opéra n’est pas du tout une tragédie, mais, au contraire, une comédie fantasque et légère, à qui l’on a donné une certaine modernité. En effet, l’histoire ne se déroule plus au XVIIIème siècle comme dans l’œuvre originale, mais de nos jours. On le voit grâce à la mise en espace et aux costumes. Le spectacle commence avec un grand écran masquant toute la scène, et illustrant un port d’une ville du sud (probablement Naples) autour duquel les protagonistes chargés de valises, se pressent, se croisent et s’insultent parfois ! Puis cet écran se lève, laissant apparaître une maison en désordre, qui a l’air en plein déménagement ; on peut y voir des statues grecques ou romaines de grande valeure, dans des boîtes en bois, ainsi que d’autres plus petites, installées un peu partout sur scène. Notons également la présence d’un immense canapé rouge, en forme de lèvres, qui laissera sa place, dans la deuxième partie de l’opéra, au même canapé, noir cette fois ci, d’où jailliront des flammes, à l’heure où le comte Robinson et Carolina seront soupçonnés d’avoir une liaison secrète ; le feu symbolise la colère de la famille. Il y avait également, dans le fond de la scène, un gigantesque décor de montagnes d’où entrent et sortent certains personnages. Dans la seconde partie de l’opéra il y a d’immenses haies, grâce auxquelles les personnages s’adonneront à une certaine partie de « cache-cache » . Ces haies tourneront ensuite sur elles même pour dévoiler le soleil, lorsque Geronimo découvrira le mariage de Carolina, sa fille, et de Paolino, et l’acceptera, en leur pardonnant tout, ce qui provoquera la chute de nombreux confettis dorés, qui illuminaient toute la scène. J’ai beaucoup aimé cet opéra de Domenico Cimarosa, compositeur que je ne connaissais pas, et qui m’a fortement rappelé La trilogie de la villégiature, de Carlo Goldoni, dans son côté léger et extravagant, avec des personnages caricaturés, et le thème central de l’argent dans cette famille bourgeoise, très fière de pouvoir montrer sa richesse, notamment Geronimo ! La musique est également excellente ; les airs d’opéra balancent entre tristesse et joie. Certes, ce n’est pas une oeuvre profonde, remplie de symboles ; mais c’est aussi ça le théâtre, le divertissement et l’émerveillement avant tout : un spectacle total, comme disait Beaumarchais au siècle de Cimarosa. Mehdi, TL
- Des étrangers plus mobiles que les vagues de Christian Cogné, par les élèves de l’atelier théâtre du lycée professionnel Jean Moulin, théâtre Daniel Sorano, Vincennes, 23 mai 2009. A l’issue de la représentation, les élèves de l’atelier théâtre du lycée Louise Michel échangent avec les élèves du lycée Jean Moulin à propos des deux mises en scène réalisées.
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